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Élections européennes : Priorité au Vivant !


Le média de l'écologie indépendant à but non lucratif, en accès libre et sans publicité, Reporterre a épluché les projets électoraux des sept principales listes — celles créditées actuellement de plus de 5 %, et qui pourraient donc envoyer des députés à Bruxelles.


Voici son classement :


1. En haut du podium : Insoumis et Écologistes

Sur les plans écologique et climatique, les listes de Manon Aubry (La France insoumise, LFI) et Marie Toussaint (Les Écologistes) se rejoignent. Les différences entre les deux partis se situent plutôt sur le volet international — en particulier, les Verts sont favorables à l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne, contrairement aux Insoumis.


Parmi les mesures écolos portées par les deux formations :

  • verdir l’agriculture européenne : revoir la Politique agricole commune (PAC) pour « soutenir les pratiques agroécologiques » et l’emploi paysan ; s’opposer aux nouveaux OGM ; accélérer la sortie des pesticides ;

  • limiter les modes de transports les plus polluants, en interdisant « les vols au sein de l’Union européenne (UE) s’il existe une alternative ferroviaire (de moins de 4 heures) » et en limitant « la taille, le poids et les dimensions des SUV » ;

  • sortir des accords de libre-échange et développer un protectionnisme, notamment en instaurant « des critères sociaux et écologiques et de proximité dans les appels d’offres publics » ;

  • protéger la nature, en renforçant les zones préservées (réseau Natura 2000 et aires marines protégées), à travers « une loi zéro artificialisation nette au niveau européen » et en « recréant une forêt primaire » ;

  • s’orienter « vers un mix énergétique 100 % renouvelable à horizon 2050 ».

Ces mesures, ambitieuses d’un point de vue environnemental et climatique, seront difficiles à mettre en œuvre au vu des rapports de force actuels — la droite domine au Parlement et les Verts européens pourraient même perdre une vingtaine de sièges selon les projections — et du fonctionnement des institutions européennes. Par exemple, sur les accords de libre-échange, le Parlement donne son avis, mais ce sont les États et la Commission qui sont aux manettes. Ceci dit, avec une majorité au Parlement, beaucoup de choses deviennent possibles !

Retrouvez les programmes : – celui de La France insoumise et notre entretien avec Manon Aubry – celui des Écologistes et notre entretien avec Marie Toussaint.


2. Médaille vert clair : les Socialistes

Sur la seconde marche du podium, la liste conduite par Raphaël Glucksmann. Voici quatre mesures pour l’écologie du Parti socialiste-Place publique :

  • « refonder » les aides de la Politique agricole commune pour « rémunérer l’emploi agricole, soutenir les cultures de diversification » ;

  • accélérer la décarbonation, en investissant dans les énergies renouvelables — par exemple pour « équiper au moins 1 toit sur 2 de panneaux solaires à horizon 2050 » ;

  • développer le ferroviaire, via un « ticket climat » à un tarif accessible et unique (49 euros par mois en France) pour les trains régionaux et de proximité ;

  • développer une forme de protectionnisme, avec une « loi Achetez européen », « en réservant en priorité la commande publique aux productions européennes ».

Moins prolixe que les Insoumis ou les Écologistes — le programme socialiste est peu détaillé en comparaison de ceux de ses concurrents —, la liste de Raphaël Glucksmann porte tout de même plusieurs mesures écologiques ambitieuses.

Retrouver le programme du Parti socialiste et notre entretien avec Raphaël Glucksmann.


3. Palme de la médiocrité climatique : Renaissance et Républicains

Sur le plan écologique, les programmes de Valérie Hayer (Renaissance) et François-Xavier Bellamy (Les Républicains, LR) sont assez similaires. Parmi leurs mesures concernant l’écologie :

  • miser sur les technologies (nouveaux OGM) et « l’innovation » pour verdir l’agriculture. Mention spéciale aux Républicains, qui souhaitent « abroger les textes européens qui nuisent à nos agriculteurs et à nos pêcheurs en prônant la décroissance » ;

  • viser la sortie des énergies fossiles grâce au nucléaire, « par des investissements massifs » dans l’atome ;

  • développer le ferroviaire, par exemple via « un Pass Rail illimité » pour les jeunes, propose Renaissance. À l’inverse, Les Républicains, eux, veulent « revenir sur l’interdiction de la vente de véhicules thermiques neufs en 2035 » ;

  • développer un protectionnisme européen : pour Les Républicains, à travers un plan « Made in Europe 2030 » pour relocaliser la production ; côté Renaissance, en développant la « préférence européenne » (« toute aide publique doit être conditionnée à une obligation de localiser ou rapatrier une partie de la production en Europe ») ;

  • à propos des traités de libre-échange, LR souhaite « ne pas signer de nouveaux accords qui soient contraires à nos intérêts » tandis que Renaissance entend stopper « les négociations avec les pays ne respectant pas l’Accord de Paris sur le climat et de Montréal sur la biodiversité ».

Peu audacieux sur l’écologie, les programmes de Renaissance et des Républicains mettent en avant un protectionnisme vert (taxe carbone aux frontières, verdissement des accords commerciaux). Les deux formations misent sur la technologie (notamment les biotechs) et le nucléaire pour verdir l’Europe — or ces pistes constituent à bien des égards de fausses solutions (lire notre enquête sur le nucléaire et celle sur les OGM). Rappelons que sur l’énergie, l’Union européenne peut fixer des objectifs dans certains secteurs, mais le choix du mix énergétique relève de la compétence des États.

Selon une analyse du Réseau Action Climat (RAC), les eurodéputés Renaissance « ont soutenu plusieurs avancées majeures concernant le climat et l’environnement » lors de la précédente mandature... mais ils ont aussi sapé l’ambition de plusieurs réformes, sur l’agriculture et la qualité de l’air. Quant aux Républicains, « la très grande majorité de leurs votes sur les questions climatiques et environnementales vont à l’encontre des recommandations des organisations », résumait le RAC.

Retrouvez les programmes : – celui de Renaissance – celui des Républicains


4. Les cancres du climat : le RN et Reconquête !

En queue de notre classement, les listes de Jordan Bardella (Rassemblement national, RN) et Marion Maréchal (Reconquête !), qui portent plusieurs promesses anti-écologiques, et notamment :

  • sans parler de renouvelables, le RN veut « protéger le mix électrique français », en investissant « dans les technologies d’avenir (nucléaire de nouvelle génération, hydrogène, géothermie…) ». Reconquête ! entend « bâtir un plan de relance européen de la filière électronucléaire » et « supprimer la directive imposant 45 % d’énergies renouvelables » ;

  • favorables à l’automobile, les deux partis veulent « abroger l’interdiction de la vente des voitures à moteur thermique en 2035 » ;

  • côté agriculture, il s’agit de supprimer toutes les mesures ambitieuses d’un point de vue environnemental, « pour éviter toute baisse de la production » selon Reconquête !. Les deux veulent ainsi « abroger la stratégie de la ferme à la fourchette ». La formation d’Éric Zemmour entend aussi « abandonner l’objectif de 25 % de surfaces en bio » et « stopper les décisions d’interdiction de produits phytosanitaires » ;

  • les deux partis se retrouvent pour développer le protectionnisme européen, à travers notamment « un moratoire sur la négociation de nouveaux accords de libre-échange », selon le RN, et en imposant « aux importations le respect des normes environnementales et sociales européennes » ;

  • la liste de Marion Maréchal porte enfin la volonté de « revoir les objectifs de la directive Climat sur la neutralité carbone en 2050 ».

Très peu de mesures écolos et beaucoup de promesses climaticides : les programmes des deux partis d’extrême droite portent des reculs environnementaux majeurs. Certaines propositions d’abrogation (stratégie de la ferme à la fourchette, directive sur les véhicules thermiques) paraissent également difficiles à mettre en œuvre, le Parlement européen ne pouvant prendre seul l’initiative d’annuler une loi européenne. Il faut une proposition législative de la part de la Commission européenne.

Retrouvez les programmes : – celui de Reconquête ! – celui du Rassemblement national

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